Historique

Recherches et textes: Antoine Guillemette, historienne, Université de Sherbrooke

Nous souhaitons remercier la Société d'histoire du Comté de Brome de nous avoir de nous avoir donné accès aux archives et à son expertise en histoire régionale et de nous avoir aimablement permis d’utiliser certaines de ses photographie.



La ville de Lac-Brome est une entité récente puisqu’elle a été créée en 1971 à la suite de la fusion volontaire de sept municipalités et hameaux : Bondville, East Hill, Foster, Fulford, Iron Hill, Knowlton et West Brome, Lac-Brome est une ville « rurale » séculaire au patrimoine historique bien conservé, ce qui fait qu’en la découvrant aujourd’hui, le passé n’est jamais bien loin.

La mise en place d’un réseau ferroviaire au XIXe siècle, la construction du réseau routier au XXe et la construction de l’autoroute des Cantons de l’Est en 1965 contribuent à faire de Lac-Brome une destination de choix pour les villégiateurs en quête de tranquillité et de nature. Ces infrastructures de transport auront un impact certain sur le développement de ce qu’on appelle aujourd’hui le tourisme de villégiature.
 
Cette activité consiste essentiellement à la mise en place de projets domiciliaires destinés à la population des grands centres urbains intéressée à acheter une résidence secondaire, un « pied-à-terre » en quelque sorte. Dans les années 1980, plusieurs projets domiciliaires voient le jour : le développement Barnesfield, les condos Inverness (1985), les condos du 400 Lakeside (1986). Sis aux abords du lac, ces deux derniers projets domiciliaires offrent à la population saisonnière un accès au lac et des espaces de choix dans un cadre champêtre. Ces projets expliquent, du moins en partie, l’augmentation de la population permanente de 8% entre 1986 et 1991, comme l’indique le tableau suivant.
 

Évolution de la population pour la ville de Lac-Brome

Années
Population totale
1981
4 319
1986
4 466
1991
4 824
1996
5 073
2001
5 444
2006
5 629
Source : Recensements du Canada
 
Avec la reprise du marché immobilier dans les années 1990, le développement domiciliaire se poursuit avec la deuxième phase des condos d’Inverness (Les Villas Inverness (2003), celle des condos du 400 Lakeside (2003) ainsi que les nouveaux projets comme le domaine Sugar Hill (fin des années 1990), le développement de la rue Frances-McKeen et des environs (fin des années 1990), les Jardins Coldbrok (2004) et de l’Hermitage Knowlton (2005).

Cette reprise de la construction domiciliaire contribue notamment à faire augmenter de façon significative la population de la Ville, passant de 5,073 en 1996 à 5,597 personnes en 2005, soit une augmentation de 10%.

L’économie de Lac-Brome est surtout axée sur le commerce au détail et sur des industries de moyenne taille comme les Emballages Knowlton et la ferme de canards, deux industries bien connues du milieu bromois et qui constituent le principal employeur de la ville mis à part les nombreux commerces, restaurants et auberges qui emploient bon nombre de personnes.


Les Cantons de l’Est

La ville de Lac-Brome se situe dans la belle région des Cantons de l’Est. Une analyse toponymique révèle que l’usage de Cantons de l’Est pour désigner la région remonterait au début du XIXe siècle alors que la population locale majoritairement anglophone y référait comme étant les Eastern Townships. Le découpage territorial en townships, unité carrée de 10 miles de côté (259 kilomètres carrés), serait attribuable au contrôle britannique qui, à partir de 1792, décide de diviser ainsi le territoire. Les limites de la région varieront considérablement à travers le temps. Aujourd’hui, les Cantons de l’Est s’étendent sur 15 812 kilomètres carrés, soit environ 0,8 % du territoire québécois.
 
 
Le paysage des Cantons de l’Est se démarque grandement des plaines du St-Laurent en raison de son relief appalachien. Ses nombreuses collines, montagnes et plateaux offrent des points de vue tout à fait saisissants qui ont contribué à la renommée du coin. Un autre élément qui confère à la région un statut bien particulier réside sans nul doute dans la présence américaine et britannique sur son territoire qui a profondément marqué son développement.
 
Malgré des connaissances encore somme toute fragmentaires, on note une présence amérindienne sur le territoire dans la première moitié du XVe siècle. Les Iroquois d’abord, mais aussi les Abénaquis auraient vu dans la région un excellent terrain pour la chasse et la trappe. Leur présence dans la région déclinera toutefois rapidement au tournant du XVIIIe siècle, période qui coïncide avec le début de la colonisation.
 

Le Canton de Brome

Le canton de Brome est habité depuis plus de deux siècles. On estime que les premiers arrivants se seraient installés dans la région à compter de 1792. Un des premiers colons à s’établir dans le canton et dont on peut date l’arrivée avec exactitude est Jonathan Hart qui s’installe dans la partie sud en 1794. Un an plus tard, c’est au tour d’Henry Collins d’élire domicile dans la partie sud-ouest du canton, soit tout près de la frontière commune avec le canton de Dunham. En 1796, le frère de Collins, Ebenezer, suit l’exemple d’Henry en s’installant à l’endroit même où se trouve aujourd’hui le village de West- Brome. La création officielle du canton de Brome remonterait au 18 août 1797. Cette journée-là, le Général Robert Prescott octroie un territoire de 46 200 acres à Asa Porter et ses 32 associés pour la constitution du canton de Brome. Comme le veut la coutume à l’époque, une partie du territoire, soit 18 060 acres, demeure réservée à l’usage de la Couronne et du clergé (portion égale de 9 030 acres pour chacun).
 
 
En 1831-32, Joseph Bouchette, arpenteur-géomètre général du Bas-Canada, dresse un portrait fort intéressant du canton. Dans son ouvrage British Dominions in North America Bouchette laisse entendre que certaines parties du territoire sont impropres à la culture tellement elles sont montagneuses et rocheuses. Il y mentionne aussi la présence de grandes quantités de tourbières de qualité et de minerai de fer. En parcourant le canton, l’arpenteur constate que déjà plusieurs moulins ont été érigés sur les berges du lac. La population installée autour du plan d’eau se chiffre alors à environ 600 personnes, alors que la population totale du canton est évaluée à 1 314. On y trouve une église, cinq écoles, un village comprenant une quinzaine de maisons, deux moulins à farine, sept moulins à scie, une distillerie, un juge de la paix, un médecin, trois cordonniers et trois tavernes. À l’époque, la production agricole est essentiellement constituée de blé, d’orge, d’avoine, de pois, de maïs, de pommes de terre et de sirop d’érable.
 

Phases de peuplement

Avant 1792, la région connue comme les Cantons de l’Est demeure majoritairement à l’état sauvage. L’histoire de son développement est étroitement lié à l’arrivée de colons loyalistes qui, devant la déclaration d’indépendance américaine, décident de venir trouver refuge de ce côté de la frontière. S’ils sont appelés loyalistes, c’est en raison de leur allégeance à la Couronne britannique et de leur désir de continuer à vivre sous la protection des lois de cet empire. Ces loyalistes auront bien lutté contre les forces sécessionnistes américaines, mais ultimement la défaite les contraint à l’exil. Pour les remercier de leur fidélité, la Couronne britannique leur octroie des terres en sol canadien.

Ces loyalistes ne sont toutefois pas les seuls à émigrer au Bas-Canada, alors que plusieurs Américains sans aucun penchant pour la Couronne quittent eux aussi leur port d’attache pour venir profiter de l’abondance et de la gratuité des terres. Les nouveaux arrivants dans les Cantons de l’Est proviennent majoritairement de la Nouvelle-Angleterre et de l’État de New York. C’est ce qui explique notamment l’interprétation erronée à l’effet que les Cantons de l’Est aient été colonisés entièrement par des Loyalistes.
 
La colonisation qui va bon train connaît une chute drastique entre 1812 et 1819. Les raisons d’une telle baisse sont doubles. La reprise des hostilités entre les Américains et les Britanniques forcent de nombreux Américains, qui refusent de porter le nouveau serment d’allégeance exigé envers la Couronne britannique, retournent aux Etats-Unis. Un climat capricieux qui réduit considérablement les récoltes en 1814 et 1819 se charge du reste et chasse encore de nombreux colons.

Les Américains recommenceront à émigrer dans la région en plus grand nombre dès 1820 et, en 1840, on estime qu’ils forment les deux tiers de la population régionale. L’année 1815 marque le début d’une immigration plus massive en provenance des îles Britanniques. Anglais, Irlandais, Écossais et Gallois font leur entrée au pays. Les Cantons de l’Est recevront leur lot. Cette immigration considérable se poursuivra jusqu’aux abords des années 1840.
 
À cette époque (1840), la présence francophone est pratiquement négligeable. Le recensement de 1860-61 le démontre : sur une population de 3 136 habitants, seulement 212 d’entre eux sont francophones, alors que 663 sont originaires des îles Britanniques ou des Etats-Unis et la balance est composée d’anglophones de souche.

Le faible pourcentage de francophones n’est pas un phénomène limité au canton de Brome. En effet, le déséquilibre est tout aussi visible dans le comté : sur une population totale de 12 732 personnes, seulement 1 644 ont déclaré que le français constituait leur langue maternelle. Dans le recensement de 1880-81, la présence francophone s’est accrue d’environ 17%, passant d’environ 7 % à tout près de 24 %, mais les anglophones occupent toujours la part du lion.
 

Bondville

À proprement parler, Bondville ne constitue qu’un secteur de la Ville puisqu’il n’a jamais été considéré comme un village ou une municipalité dûment incorporée selon les lois de la province de Québec.

Situé en bordure du lac Brome, le hameau de Bondville a été nommé ainsi en l’honneur de l’Archevêque de Montréal William Bennett Bond. Pendant plusieurs décennies, Bond a parcouru sans relâche de nombreuses régions du Québec à titre de missionnaire. Infatigable, il a également contribué à la création de dizaines d’écoles dans la province. Nommé archevêque de Montréal en 1901, Bond décède à l’automne 1906.

 

 
Le développement de Bondville est surtout caractérisé par une période soutenue de lotissement et de construction de chalets d’été au cours du milieu du XXe siècle. Par la suite, de véritables projets domiciliaires sont organisés afin d’attirer un nombre de résidents permanents sur cette portion de territoire. Vers la même période, soit autour des années 1960, les nombreux petits chalets d’été sont peu à peu rénovés pour les rendre habitables à longueur d’année.
 

Foster

Le territoire de l’ancienne municipalité de Foster s’étendait sur 9.6 km de long sur 4 de large. Cette municipalité avait le prestige d’avoir un assez bon territoire situé aux abords du lac Brome.


Le village de Foster a été baptisé ainsi pour rendre hommage à l’un des grands hommes de la région : le juge Samuel Willard Foster, l’un de ses fondateurs. Foster a été connu pour sa contribution à l’érection de l’église anglicane Bishop Carmichael Memorial ainsi que pour avoir encouragé le développement du chemin de fer.

Le développement du village de Foster est surtout du à la présence de deux lignes de chemin de fer traversant le village : celle du Canadien Pacifique reliant Montréal à Saint-Jean au Nouveau-Bronswick, construite en 1888 et celle de la South Eastern Railway dont la portion bromoise a été construite en 1875-1876. Ce dernier chemin de fer sera abandonné en 1977 puis vendu à la Ville de Lac-Brome pour le convertir plus tard en sentier pédestre.
 
Les photographies anciennes montrent très clairement la croisée de ses deux lignes et au milieu, la petite gare locale (aujourd’hui située sur le chemin Lakeside et servant de bureau touristique).
 

Évolution de la population de Foster

Années
Population Totale
Hommes
Femmes
1921
355
188
167
1931
333
170
163
1941
354
-
-
1951
435
227
208
1961
453
219
234
 
 

Fulford

Fulford est un hameau qui jadis faisait partie de la Municipalité du canton de Brome jusqu’à sa fusion avec Foster et Knowlton pour devenir une partie de la Ville de Lac-Brome en 1971.
 
Le village de Fulford a été nommé ainsi afin d’honorer la mémoire de l’évêque Francis Fulford, nommé premier archevêque anglican du nouveau diocèse de Montréal par la reine Victoria en 1850. Ce nom pour le village devient officiel en 1864 avec l’ouverture du bureau de poste. L’archevêque Fulford a occupé ses fonctions pendant une période de 18 ans avant de rendre l’âme en 1868. Le religieux devint rapidement reconnu comme l’un des grands bâtisseurs de son époque, lui qui a contribué de façon significative à l’amélioration du système d’éducation au Québec.
 
Alors que Knowlton s’est développé peu après le tournant du XIXe siècle, Fulford n’est encore, en 1856, qu’une forêt dense. Cette années-là, des entrepreneurs seront attirés par le lieu qui renferme un grand potentiel pour y établir des moulins destinés à la population locale. L’abondance de forêts dans les environs n’est pas étrangère à leur venue. En 1858, Francis England s’installe et y fonde une tannerie. En 1861, c’est au tour de L. Orcutt d’y venir pour opérer un atelier de meubles. M. Orcutt se voit aussi octroyer la responsabilité du bureau de poste en 1864 et qui est toujours en opération aujourd’hui. Le village continue de prospérer jusqu’aux environs de 1875, mais la fermeture de certaines manufactures de l’endroit entraîne un déclin progressif du village. Il est à noter que Fulford se trouve également sur le trajet de la ligne de chemin de fer qui relie Montréal-St-Jean.
 

Iron Hill

Iron Hill est un hameau qui jadis faisait partie de la Municipalité du canton de Brome jusqu’à sa fusion avec Foster et Knowlton pour devenir une partie de la Ville de Lac-Brome en 1971.

L’origine du toponyme choisi pour désigner le village d’Iron Hill reste somme toute obscure. Un récit ancien veut que lors d’une tournée de reconnaissance, les arpenteurs du comté auraient remarqué la présence d’un champ magnétique brouillant les indications de leur boussole. Ils auraient attribué ce phénomène à la présence de minerai de fer et donc jugé propice de changer le nom de l’endroit, nommé jusque là Brome Woods, pour Iron Hill.

Le premier colon, John Shufelt, y élit domicile en 1822. À cette époque, le paysage n’est composé que de forêts à des kilomètres à la ronde. En 1840, Isaac Cutting profite des attributs géographiques de la place pour ériger un premier moulin, puis en construira un second quatre ans plus tard. M. Whitehead opère quant à lui une fabrique de charrettes pendant de nombreuses années.
 
En 1864, l’église Holy Trinity est érigée au village et c’est au Révérend Thomas W. Fyles que revient l’honneur d’agir à titre de premier pasteur de l’endroit. Originaire d’Enfield Chase en Angleterre, Fyles est ordonné diacre en 1862, puis prêtre en 1864 par l’évêque de Montréal. D’abord missionnaire à Laprairie et Longueuil, Fyles devient responsable d’une mission à Iron Hill et West Brome en septembre 1863. En raison de moyens de communications déficients, voire inexistants, les premiers colons vivent pratiquement reclus pendant de nombreuses années.
 

Knowlton

La renommée du village de Knowlton n’est plus à faire. Preuve incontestable que le village bénéficie d’un statut bien particulier depuis des décennies, le Canadian Handbook Tourist Guide de 1867, année de création du Canada, reconnaît déjà ses charmes et invite tous et chacun à venir admirer la beauté de l’endroit. Le charme n’aura jamais cessé d’opérer depuis. En mai 1997, la revue L’Actualité rend, à son tour, un hommage au village de Knowlton en le faisant figurer parmi les 20 plus beaux villages québécois.
 

Le premier colon à s’établir dans les environs du site actuel du village est Matthew Morehouse, au tournant des années 1800. Originaire du Massachusetts, Morehouse ne reste cependant dans le coin que pour une courte période. John Capel, du Vermont, choisit lui aussi l’endroit pour y construire sa demeure peu de temps après l’arrivée de Morehouse.
 
En 1834, c’est au tour de Paul Holland Knowlton à venir s’établir sur le territoire de façon permanente. Knowlton connaît déjà bien la région puisqu’il habite sur les berges du lac Brome avec sa femme Laura Moss et ses deux enfants depuis une vingtaine d’années. Le Dictionnaire biographique du Canada le présente comme un entrepreneur de premier plan. À propos de son arrivée sur le site du village, l’article mentionne : « il y acquit des droits de prise d’eau et construisit d’abord une scierie produisant des matériaux de construction, puis une vaste demeure avec des dépendances, une forge, une fabrique de potasse puis un magasin et un moulin à farine, qui devinrent le noyau du village de Knowlton qui portait, avant l’établissement du bureau de poste en 1851, le nom de Coldbrook. » Ainsi, avant 1851, le village porte le même nom que la rivière qui coule tranquillement en son centre. Mais Coldbrook deviendra Knowlton en l’honneur de son résident le plus illustre.
 
La responsabilité de gérer le bureau de poste, ouvert en 1851, revient à Albert Kimball, ce dernier étant aussi propriétaire du Blinn’s Inn, ouvert deux ans plus tôt et qui est l’ancêtre de l’Auberge Knowlton actuelle. En 1855, date de la création du régime municipal québécois et date de la fondation de la Municipalité du canton de Brome, Knowlton devient le chef-lieu et le centre régional des communications et du commerce avec son bureau d’enregistrement et sa cour de circuit ainsi que ses différents commerces de biens et de services.

En juillet 1888, Knowlton devient une entité municipale complètement séparée de la Municipalité du canton de Brome.
 

Évolution de la population de Knowlton, 1901-1961

Années
Population Totale
Hommes
Femmes
1901
760
347
413
1911
865
387
478
1921
841
420
421
1931
990
488
502
1941
972
-
-
1951
1 094
544
550
1961
1 396
679
717
Source : Recensements du Canada, 1901-1961.
 

West-Brome

West-Brome est un hameau qui jadis faisait partie de la Municipalité du canton de Brome jusqu’à sa fusion avec Foster et Knowlton pour devenir une partie de la Ville de Lac-Brome en 1971.

West-Brome a été nommé ainsi en raison de sa position géographique dans le canton. Ebenezer Collins est le premier à venir s’y installer en 1796. En 1824, John Pettes et Joel Davis achètent un terrain en ces lieux pour y établir des moulins à scie et à eau. L’ouverture d’un bureau de poste survient en 1831 et Jacob Cook devient le premier postier du village. Le magasin général Edwards, toujours en opération aujourd’hui, constitue un arrêt obligatoire. Fondé en 1852, son apparence extérieure et intérieure permettent aux visiteurs de faire un véritable voyage dans le temps. À la même époque, Stephen L. Hungerford est un des hommes les plus influents du village puisqu’il opère un moulin à scie, un moulin à farine et une manufacture de lainages. Non loin de là, sur le chemin Scott, il est possible d’admirer une magnifique grange ronde qui vaut le détour.
 


Les pionniers

 
PAUL HOLLAND KNOWLTON
 
Issu d’une famille de fervents loyalistes, Knowlton séjourne pour la première fois en territoire québécois en 1796. Alors âgé de 11 ans seulement, il habite avec les membres de sa famille sur des terres situées dans le canton de Stukely.

Comme son nom l’indique, l’histoire du village est intimement liée à celle de Paul H. Knowlton qui devient en peu de temps l’un des propriétaires terriens les plus importants de la région. Il exploite un magasin général ainsi qu’une distillerie où est brassé un whiskey à base de pommes de terre. Déjà éminemment influent à l’aube des années 1830, Knowlton se lance en politique cette même année et, le 26 octobre, il devient le député du comté de Shefford. Il occupera ce poste près de quatre ans.
 
 
En 1841, il devient membre du Conseil législatif de la province du Canada et, grâce à ce poste, Knowlton permet aux Cantons de l’Est de se développer de façon fulgurante. Occupant toujours ses fonctions en 1849, il obtient l’octroi d’une subvention pour la construction d’une route qui traverse la région, de sorte que Knowlton devient un lieu beaucoup plus fréquenté. La liste de ses réalisations est encore longue : il contribue à la construction de l’église et du presbytère anglican, il cède un de ses terrains pour la fondation d’une école, il rend possible la création du comté de Brome en 1855 (année où le village devient le Chef-Lieu du comté et Paul H. Knowlton son premier gouverneur), il devient le préfet du comté en 1856, il donne son appui financier pour la création du premier journal l’Advertiser and Eastern Townships Sentinel. Fort d’une aussi large contribution pour le village et la région, Knowlton peut dire mission accomplie lorsqu’il s’éteint en août 1863.
 
Encore de nos jours, l’héritage légué par Knowlton au village est toujours bien vivant. Il suffit d’une visite au Paul Holland Knowlton Memorial Museum, bâtiment qui abritait jadis la première école et qui loge maintenant certaines collections de la Société d’histoire du comté de Brome ou de savoir que sa résidence sert aujourd’hui de maison au gardien du club de golf situé à l’entrée du village pour s’en rendre compte.
 
Évidemment, le développement du village de Knowlton n’est pas entièrement dû à l’homme qui lui a donné son nom. Voici donc quelques courtes biographies d’éminents personnages qui, par leurs efforts soutenus, auront, à leur manière, contribué à l’épanouissement de la région.

Pour en savoir plus, voir le Dictionnaire biographique du Canada
 
 
 
STEPHEN SEWELL FOSTER
 
Le docteur Stephen Sewell Foster représente certes un autre personnage qui a marqué la région par son oeuvre. En 1822, Foster décide de quitter Newfane au Vermont pour émigrer au Canada avec sa famille. Il s’établit d’abord à Frost Village, puis en février 1830, il obtient l’autorisation d’exercer le métier de médecin.
 

Pendant les premières années de sa pratique, Foster est le seul médecin dans un rayon de plus de 60 kilomètres. Son ardeur au travail et les précieux services qu’il rend à la population des Cantons de l’Est lui valent rapidement le statut d’héros populaire. Un cours séjour en politique de 1844 à 1848 l’oblige à délaisser la médecine, mais il revient avec joie à ses premiers amours dès 1848. En 1857, il quitte Frost pour s’établir à Knowlton. Il y pratique jusqu’à sa mort en décembre 1868. « Parmi les rudes pionniers des Cantons de l’Est, Sewell Foster faisait figure de lion. Il se lança de plain-pied dans la vie sociale, juridique, religieuse et politique de sa région, et ses remarquables réalisations, son charisme et son altruisme en firent un des plus remarquables pionniers des Cantons de l’Est. » (tiré de l’article publié dans le Dictionnaire biographique du Canada).

Pour en savoir plus, voir le Dictionnaire biographique du Canada.
 


ASA BELKNAP FOSTER
 
Asa Belknap Foster, second fils du docteur Stephen Foster, a été surnommé à juste titre le roi du chemin de fer des Cantons de l’Est. De 1837 à 1852, Foster acquiert de l’expérience dans la construction de chemins de fer aux États-Unis auprès de son oncle S. K. Belknap. Dès son retour au pays en 1852, les connaissances acquises lui permettent de devenir l’un des principaux artisans de l’expansion ferroviaire dans la région.
 

S’établissant à Waterloo, Foster est rapidement nommé directeur de la compagnie Stanstead, Shefford & Chambly. En 1869, il devient impliqué dans la compagnie South Eastern Counties Junction Railway (SECJ). Président de la SECJ, il décide d’incorporer la Richelieu Drummond and Arthabaska Counties Railway à ses actifs pour former la nouvelle compagnie South Eastern Railway. C’est en raison de son implication que s’est développement ferroviaire entre Knowlton et Waterloo en 1878.
 
Foster se lance également en politique active dès 1858, mais il n’obtiendra jamais dans ce domaine un succès aussi éclatant que celui obtenu dans le développement ferroviaire. Véritable pionnier, son travail acharné aura sans contredit permis à la région de sortir de son isolement relatif.

Pour en savoir plus, voir le Dictionnaire biographique du Canada
 

SAMUEL WILLARD FOSTER
 
Stephen Foster. Installé à Knowlton en 1857, il est aussi reconnu comme l’un des principaux artisans du développement ferroviaire dans la région. À l’image de son frère aîné Asa Belknap, il connaît une grande carrière d’entrepreneur qui le voit contribuer à la construction du réseau de la Montreal and Chambly Junction ainsi qu’à celui de la compagnie United States and Canada Railways.
 
Il est aussi l’un des principaux responsables de la mise sur pied de la ligne de la Orford Mountain Railway qui relie Windsor Mills et Mansonville en passant à travers le comté de Brome. Au-delà de ses entreprises commerciales, Foster a aussi largement contribué au bien-être de la communauté en s’impliquant notamment dans la Société historique du comté de Brome ainsi que dans la Knowlton Conference Association.
 

LE JUGE WILLIAM WARREN LYNCH
 
William Warren Lynch est né à Bedford en 1845 d’un père irlandais et d’une mère de descendance loyaliste. En 1868, Lynch obtient sa licence en droit et s’installe à Knowlton. Après avoir fondé le journal l’Observer à Cowansville en 1870, Lynch est élu l’année suivante dans la circonscription de Brome. À 25 ans, il devient alors le plus jeune député de l’histoire de l’Assemblée québécoise. Élu lors des cinq élections suivantes, il occupe ce poste jusqu’en 1889, année où il quitte la politique, car nommé juge de la Cour Supérieure pour le district de Bedford.
 

Grand artisan dans le développement du chemin de fer dans la région, impliqué dans l’amélioration de l’instruction publique, nommé maire et préfet du canton de Brome en 1879, Lynch devient, en 1897, le premier président de la Société historique du comté de Brome nouvellement créée et permet, en 1902, la mise sur pied de la Knowlton Conference, un organisme culturel. Bref, toute sa vie durant, Lynch aura tout mis en œuvre pour favoriser l’épanouissement régional.

Pour en savoir plus, voir le Dictionnaire biographique du Canada